Dialogue social dans la Fonction publique :
Position de Force Ouvrière
FO, après consultations de ses instances statutaires ne signera pas
les 2 relevés de conclusions relatifs au dialogue social et aux
Commissions administratives paritaires dans la fonction publique.
Tout au long des travaux préparatoires (qui ont été de qualité) et de
la négociation, FO a porté ses revendications. Mais le gouvernement a
constamment montré qu'il souhaitait avant tout faire passer ses
propositions et établir une relative analogie avec la « position
commune MEDEF - CGPME - CGT - CFDT » » issue de la négociation du
secteur privé.
A cet égard, il est tout de même curieux, malgré l'opposition
unanime des organisations syndicales, que le Gouvernement soumette à la
signature son texte sur « l'évolution de l'architecture et du rôle des
actuelles commissions administratives paritaires (CAP) ». Tous les
rapports précédents (Fournier 2002,...) ont démontré que les CAP
étaient le lieu d'un vrai dialogue entre l'administration et les
représentants élus des Personnels ! Alors qu'il dit vouloir rénover le
dialogue social et consacrer l'accord majoritaire, le Gouvernement
s'entête sur son orientation, quitte à passer en force !
Aussi l'analyse générale de ces relevés de conclusions sur la
rénovation du dialogue social et sur les CAP interroge sur plusieurs
points qui ne peuvent emporter notre agrément :
- les modalités d'appréciation de la représentativité floues et mal définies,
- l'accord majoritaire,
- la généralisation de l'élection aux comités techniques pour la fonction publique de l'Etat,
- le
nouveau mécanisme de négociation salariale proposé qui ne retient pas
la négociation annuelle des salaires et notamment de la valeur du point
d'indice,
- la remise en cause du paritarisme dans les instances représentatives,
- la
refonte des CAP et le transfert de tout ou partie de ces compétences
aux CTP qui n'auront pas à connaître les situations des personnels.
FO a toujours défendu la spécificité de la Fonction publique laïque et
républicaine compte-tenu de la diversité des employeurs publics et de
la situation statutaire et règlementaire des fonctionnaires : c'est
notamment pour ces raisons qu'il ne peut être, en terme de dialogue
social, calqué sur ce qui se fait dans le secteur privé.
FO rappelle, d'une part que « la négociation préalable à la
détermination de l'évolution des rémunérations » date du Grenelle de
1968 et qu'elle a participé activement à l'évolution des salaires et
grilles indiciaires chaque fois que se déroulaient de vraies
négociations, et ce, sans nécessité d'accords majoritaires. Changer les
règles du jeu n'autorise pas à penser que les pouvoirs publics
changeront de comportement en matière salariale, statutaire, ou
d'amélioration des conditions de travail,... Par contre, à travers la
Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) et le Rapport
Silicani, on voit bien, que par analogie avec le secteur privé, le
gouvernement veut renvoyer, à terme, toutes les négociations
importantes pour les agents, au niveau des services, comme dans les
entreprises pour le privé !
FO continue, en toute indépendance, et avec détermination, à porter
les revendications tant sur les salaires, retraites, conditions de
travail, que dans son combat contre la RGPP et la remise en cause
totale du Statut général et des statuts particuliers.
FO ne se positionne pas sur ce dossier de dialogue social en
fonction de ses éventuels intérêts d'organisation mais avec le seul
objectif de préserver la fonction publique et ses statuts de corps et
cadres d'emplois, de développer et d'améliorer la prise en compte des
revendications nationales et locales, dans l'intérêt des agents.
FO continuera à participer à toutes les réunions de travail annoncées
sur ces dossiers de dialogue social avec cet état d'esprit, pour
l'intérêt et la défense des personnels.
Paris, le 26 mai 2008 - 10 h