Face à la crise, qui de financière est devenue économique puis sociale, les « médecins » dela commission européenne préconisent un seul remède : l'austérité. « L'avantage » de ce mot, c'est qu'il est traduisible dans toutes les langues de l'Union européenne (et même au-delà !) et que les populations savent très bien ce qu'il signifie : en langage populaire, ça se traduit par « CEINTURE ! ».

Pendant que le secteur bancaire se refait une santé, les plans de rigueur budgétaire fleurissent partout. La Grèce a été la première touchée, mais aucun pays européen n'échappe à cette cure d'amaigrissement, à ces coupes sombres dans les dépenses publiques. Partout en Europe, les fonctionnaires et agents publics subissent « au mieux » des gels de salaires, au pire des réductions de leurs traitements et indemnités, sans compter les non-remplacements de postes et les disparitions de nombreuses missions.

Alerte à la récession...

Le gel et les réductions de salaires minent d'ores et déjà le pouvoir d'achat des fonctionnaires. Dans certains pays, la tendance est à l'inflation (cas de la Grèce et de la Roumanie à + 4%) pendant que d'autres doivent faire face à la déflation (Irlande et Lettonie). En Lettonie, le salaire moyen d'un fonctionnaire en 2009 est inférieur de 16% à celui qu'il percevait en 2006. En Estonie, le salaire moyen de 2009 se situe à 10% en dessous de celui de 2007. Au-delà de ces exemples touchant la fonction publique, le risque de récession est réel.
Dans son appel à l'Euro-manifestation qui aura lieu le 29 septembre 2010 à Bruxelles, la Confédération européenne des syndicats (CES) rappelle que « les mesures d'austérité risquent de nous mener tout droit vers la récession comme ce fut le cas en 1931. (...) Les mesures d'austérité sont injustes [et] loin d'avoir apaisé les marchés, les coupes dans les dépenses publiques risquent de tuer la croissance ».

Les gouvernements nationaux et la Commission persistent et signent...

Interrogé par la FSESP au sujet des premiers plans de rigueur qui se mettaient en place en 2009, Joaquin Almunia, qui était alors Commissaire aux affaires économiques et monétaires, avait déclaré que « les coupes opérées dans les salaires des agents publics ou l'emploi public [n'étaient] pas considérées comme des priorités par la Commission, sachant que ces deux éléments contribuaient à la stabilisation de l'économie face aux chocs de la demande globale ».
Mais dans le même temps, les instances européennes et les Etats membres plaidaient pour le renforcement du Pacte de stabilité et de croissance dont on sait qu'il a pour effet de transformer les fonctionnaires en variables d'ajustement des politiques de rigueur budgétaire.

Les messages brouillés du Parlement européen...

Reprenant à son compte le « refrain » sur le Pacte de stabilité et de croissance, le Parlement européen réaffirme que celui-ci constitue l'épine dorsale de la discipline budgétaire et que les 3% de déficit ne sont pas négociables. Néanmoins, le même Parlement reconnaît que « des coupes opérées aveuglément dans des secteurs tels que la recherche et le développement, l'éducation auraient un impact négatif sur la croissance, l'emploi et l'inclusion sociale »

La réaction syndicale

A l'initiative des syndicats français, du Collège méditerranéen et du syndicat britannique UNISON, le comité exécutif de la FSESP a adopté à l'unanimité la déclaration suivante :

« Face à la crise qui frappe depuis 2 ans l'ensemble des pays européens, les syndicats affiliés à la FSESP, réunis en comité exécutif ces 27 et 28 mai 2010, dénoncent fermement les politiques d'austérité, de rigueur et d'attaques systématiques de l'emploi public et des services publics initiées par nombre de Gouvernements sous la pression des Instances européennes et du FMI.

Pour nous, une vraie et pérenne sortie de crise passe par une amélioration du pouvoir d'achat, de l'emploi et des investissements publics. En cela la dépense publique joue un rôle majeur de stimulation et d'entraînement dans un certain nombre de secteurs économiques.
Parallèlement, ces politiques d'austérité réduisent et désorganisent les services publics et frappent donc en priorité les populations les plus en difficulté.
Pour nous les approches dogmatiques et soumises au diktat de la Finance ne feront qu'accentuer la crise sociale et économique que nous connaissons. Il nous faut un réel et ambitieux contrat social européen commun pour que l'Europe reprenne sa place dans la régulation mondiale.
C'est par ces voies et par une vraie réflexion sur la fiscalité que nous réglerons dans la durée la dette publique de nos pays.
Le comité exécutif apporte son soutien à tous les syndicats nationaux qui luttent par des grèves et manifestations pour faire échec à ces politiques de courte vue.
Il soutient également l'initiative de la CES consistant en une action syndicale européenne forte ».

La journée d'action du 29 septembre prochain doit permettre au mouvement syndical européen de rappeler qu'il lutte contre :
• Les programmes d'austérité en Europe
• La précarisation et le chômage des jeunes et des moins jeunes
• La déréglementation du code du travail, la régression sociale
• La pauvreté et l'exclusion sociale

Et qu'il se bat pour :
• L'accès à des emplois stables, la formation pour tous,
• Des salaires décents
• La protection et le développement du pouvoir d'achat
• De meilleures retraites
• Des services publics de qualité

Investir dans les services publics !

Pour le mouvement syndical européen, l'austérité n'est pas le remède. Un communiqué de presse de la FSESP en date du 16 juin 2010 indiquait que : « La priorité doit être donnée au financement de plans concentrés sur l'investissement dans les services publics et les infrastructures, pour aider la croissance et la création d'emplois et pour s'attaquer au problème de la pauvreté et des inégalités ».

STOP AUX COUPES BUDGETAIRES, STOP AU DUMPING SOCIAL !