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Le conseil des ministres a entériné mercredi le projet de loi
sur la future prime «obligatoire» dans les entreprises de plus 50 salariés.
Selon ce texte, le versement de la prime interviendrait dans les trois mois
de la publication au Journal Officiel prévu durant l'été. Seront concernées
les entreprises qui sont soumises à la participation et dont les dividendes
auront augmenté par rapport à la moyenne des deux années précédentes. Son
montant pourra être modulé en fonction de l'ancienneté ou de la rémunération
des salariés. Exonéré de «charges sociales jusqu'à 1.200 euros», le
dispositif pourra aussi prendre la forme d'une cotisation à un régime de
prévoyance, d'une distribution d'actions gratuites ou d'un supplément à la
participation et l'intéressement. En cas d'échec des négociations avec les
représentants du personnel, il pourra être fixé unilatéralement par
l'employeur. Il restera facultatif dans les entreprises de moins de 50
salariés.
Le gouvernement prétend ainsi poser sans coup férir un «principe d'équité
(qui) permettra aux salariés de bénéficier des décisions prises en faveur des
actionnaires»... tout en sachant que sa mesure ne devrait toucher qu'un salarié
sur quatre, soit potentiellement 4 millions de personnes concernés tout au
plus. Et que les entreprises aux gros bénéfices ne garantiront en rien le
versement d'une quelconque prime, à l'instar de Total qui, malgré ses 10
milliards de profits en 2010, va pouvoir y échapper en maintenant cette année
le niveau de son dividende de l'an dernier. Au vu des exercices comptables,
seulement une entreprise du CAC 40 sur deux serait obligée de le faire. Quant
à celles qui y seront contraintes du fait de la loi, certaines chercheraient
d'ores et déjà à en contourner la lettre ou l'esprit, rapportait hier matin
le journal Les Echos. La parade consisterait à ne pas augmenter les
dividendes en rémunérant les actionnaires via le rachat d'actions, à minorer
la participation des salariés ou à intégrer la prime dans leurs politiques
salariales mais à budget constant.
Pour FO, «force est de constater que la prime a subi un "régime rapide
minceur" pour une adoption estivale»...Et préserver la boulimie des
actionnaires !
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