Invités à une deuxième réunion de ce que le ministère appelle le
« rendez vous salarial » FO et l'ensemble des organisations
syndicales de la fonction publique ont, une nouvelle fois, claqué la
porte.
Cette réunion, qui ne correspondait en rien à une négociation, se
tenait dans un contexte particulier : perte de pouvoir d'achat,
aggravation des
conditions de travail, suppressions massives d'emplois et « réforme »
des retraites.
Après une nouvelle présentation du bilan de la politique salariale
du Gouvernement en direction des fonctionnaires et agents publics
(cherchant à
démontrer l'augmentation de leur pouvoir d'achat depuis 2008 !), le
Ministre E. Woerth a dévoilé ses « propositions » concernant le point
d'indice :
- Validation de l'engagement gouvernemental d'augmentation de 0,5%
au 1er juillet 2010,
- Gel de la valeur du point d'indice pour 2011,
- Hypothèse d'un gel pour 2012 et 2013.
Puis il a mis en avant un certain nombre d'éléments accessoires au
traitement :
- Prolongation du dispositif GIPA
(garantie individuelle du pouvoir d'achat) pour 2011, voire au delà,
- Extension du dispositif PFR (prime
de fonction et de résultat),
- Instauration de l'intéressement
collectif,
- Réforme du supplément familial de
traitement et de l'indemnité de résidence (à coût constant),
- Et quelques éléments d'ajustement
technique.
Enfin il a confirmé la politique du gouvernement visant au
non-remplacement
d'1 fonctionnaire sur 2 partant à la retraite avec un retour de la
moitié des
économies réalisées pour financer des mesures catégorielles. De plus, il
envisage d'étendre aux personnels administratifs de catégorie C (des
trois
versants de la fonction publique ? le ministre ne l'a pas précisé)
l'accès
au dernier échelon de l'échelle 6 (indice brut 499), la revalorisation
du
dernier échelon de certains corps de catégorie A et d'autres
« mesurettes » ...
L'ensemble de ces propositions constitue un projet (aucun engagement
n'a été pris par le ministre) soumis aux aléas de la situation
économique. Le
ministre a pris soin de rappeler le plan de rigueur visant à la
réduction des
dépenses publiques (100 milliards d'ici 2013) ! Autrement dit nous
sommes
en pleine incertitude !
FO et l'ensemble des organisations syndicales ont réaffirmé que la
valeur du point d'indice est l'élément central et prioritaire en matière
salariale dans la fonction publique. Combler les pertes des années
antérieures
et garantir au minimum le maintien du pouvoir d'achat pour les années à
venir
sont indispensables. L'ouverture de véritables négociations passe
prioritairement
par la valeur du point d'indice.
En refusant cette exigence légitime, le Gouvernement prend la
responsabilité de dégrader encore plus le climat social dans la fonction
publique.
Pour FORCE
OUVRIERE, ce projet inadmissible ne peut
qu'accentuer la colère des agents
publics.
Après les
suppressions massives de postes, la
RGPP,
la remise en cause des retraites, les fonctionnaires
n'accepteront pas un gel de leurs rémunérations et une perte sans
précédent de
leur pouvoir d'achat.
Nous refusons que
les salariés du public (comme du privé) paient le prix fort d'une crise
dont
ils ne sont pas responsables.
PARIS, le 1er juillet 2010