« Quand
il n'y a plus d'espoir, il nous reste au moins la révolte ».
A. Panagoulis
(poète assassine par la junte grecque en 1970)
Un
jeune homme de 93 ans, S. HESSEL, dont une partie de la presse tente de
discréditer sa prise de position et qui vient de se voir refuser la prise de
parole à l'Ecole normale supérieure (au nom sans doute de la liberté de
pensée), vient de publier un manifeste l'appel à l'indignation (1). Il rappelle, fort
opportunément, au nom de quelles valeurs a été élaboré le programme du Conseil
National de la Résistance qu'un certain Denis Koesller, ex-vice-président du
MEDEF, souhaite voir remis en cause. Pour lui, la plupart des acquis figurant
dans ce programme (notamment le Sécurité Sociale) constituent un frein au
développement de l'économie. M. Hessel met aussi en avant - ce que FO n'a cessé
de répéter depuis des années - à savoir que la richesse nationale, si elle était
équitablement répartie entre tous les citoyens en fonction de leurs capacités,
devrait permettre d'assurer normalement le financement des retraites et de la
protection sociale.
« La production des richesses, dit-il, a considérablement augmenté depuis la
libération, période où l'Europe était ruinée. Le pouvoir de l'argent n'a jamais
été aussi grand, insolent, avec ses propres serviteurs dans les plus hautes
sphères de l'Etat ». C'est pourquoi il estime que l'indifférence serait
la pire attitude alors que nous devrions résister sinon nous révolter devant
toutes les mesures qui sont prises au nom de la crise et qui ne touche essentiellement
que les salariés et les retraités.
Dans
le même esprit un autre livre, sorti lui aussi il y a peu (2), met également en exergue les puissances de l'argent
et démontre l'existence de lobbies qui sapent la base démocratique de notre
pays. Et de citer des exemples significatifs de leur influence. Un des hommes
les plus connu de la planète, sur le plan économique, reconnaissait que :
« La lutte des classes existait bien et que
c'est sa classe, celle des riches, qui était en train de gagner la
guerre. »
Ces
considérations nous conduisent inévitablement à la politique menée actuellement
par le pouvoir actuel envers les fonctionnaires, actifs et retraités. On l'a vu
avec la pseudo réforme des retraites, avec la RGPP (3).
Mais
savez-vous qu'au cours du 2nd semestre 2011 un rapport sera transmis
au Président pour mettre en place une Caisse de Retraite des fonctionnaires, premier
pas vers l'intégration dans la Caisse Nationale Vieillesse de la SECU.
Savez-vous
aussi qu'avant le 31 mars 2011 il est prévu le démantèlement des bonifications dans
le Code des Pensions.
Savez-vous
enfin que, reprenant en cela une demande formulée par une organisation
syndicale (la CFDT), le gouvernement envisagerait une réforme - en fait la remise
en cause du système actuel de la répartition - pour la remplacer par un système par points ou en comptes
optionnels mettant en pièces la philosophie du système actuel basé sur la
solidarité.
Quand on vous dit qu'il est
venu le temps de la révolte.
Roger Carrière
(1) « Indignons-nous » S. Hessel -
Indigène
(2) « L'oligarchie ça suffit, vive la démocratie »
H. Kempf - Le Seuil
(3) la
crise actuelle au niveau de la justice en est un parfait exemple