QUE DEVIENNENT LES SERVICES PUBLICS ?

 MÉTÉO France : Quand la grenouille prend l'eau

Avec la RGPP, la moitié des CDM (Centre départemental de météorologie) est en passe d'être supprimée. Auparavant, il existait un CDM par département français. Depuis 2010, ils commencent à être fermés et, à terme, il n'y aura qu'un CDM pour trois à quatre départements français. Actuellement, ces météorologues sont 3 500. En 2017, ils ne seront plus que 3 000. C'est l'application d'une résolution de la RGPP qui ne veut pas remplacer un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite.

Désormais, les CDM s'appellent les CMT (Centre météorologique territorial). Pour Fabienne Dupont, secrétaire adjointe du SNITM-FO (Syndicat national des ingénieurs et techniciens de la météo), elle-même ingénieur météo, s'en explique: «À l'horizon 2012 il y aura une redéfinition des postes. La gestion des épisodes sévères de météo fonctionne encore grâce aux CDM. Mais les CMT ne pourront pas répondre aussi vite car ils vont travailler sur plusieurs départements, donc une zone géographique étendue, et être en contact avec plusieurs services: préfecture, sécurité civile... Bref, en clair, la capacité à prévoir et à informer en temps réel va gravement baisser. Je suis très inquiète pour l'avenir proche.» Concrètement, d'ici à 2013, 30% des CDM vont fermer et les réseaux d'observation au sol, la base de la prévision, vont fondre comme neige au soleil. Ce sont ces derniers qui relevaient la vitesse du vent, les températures et la hauteur des précipitations. Fabienne Dupont constate: « Avec la baisse des effectifs, il y aura moins d'observation de terrain car cela coûte cher. Les observations sont de plus en plus automatisées ». La machine, aussi précise qu'elle peut être, ne remplacera pas de suite l'œil affûté et la connaissance précise de nos météorologues.

Sources FO HEBDO n°2968


La connaissance précise des météorologues : conséquences pour les personnels

Cette réorganisation profonde se fait à l'économie et avec la volonté de réduire les effectifs.

Ce sont donc les personnels qui en font les frais, l'attitude de la direction varie et évolue, promesse, pressions voire menaces de recourir à la « loi mobilité ».

Bref, le climat à Météo France est morose, le moral de certains est plus bas, il y a matière à s'inquiéter. De profondes mutations sur le fonctionnement du service sont à attendre, qui vont toucher quasiment tout le monde, soit directement par une redéfinition des fonctions soit indirectement à travers de nouveaux outils informatiques à développer dans des délais contraints. D'où des conséquences sur les conditions de travail.

En résumé nous avions un service public qui fonctionnait plutôt bien et nous sommes très inquiets à la fois pour les personnels et sur ce que nous allons être capable de maintenir en terme de qualité du service rendu.

Source : propos recueillis par Claude Mifsud auprès de Fabienne Dupont - SG FO Météo France