Par voie de presse nous apprenons la
sortie d'un rapport
sur la mesure de la qualité des services publics. Encore un rapport qui vient se pencher au chevet de la Fonction publique et des
fonctionnaires et ... encore un communiqué gouvernemental qui stigmatise un
peu plus la Fonction
publique.
Il n'est pas de semaine, voire de
jour, sans un rapport, une proposition, une annonce ou un discours sur le sujet
!
Evoquant
les indicateurs « LOLF » (au nombre
de 1 178), le rapport remis mercredi par le député François Cornut-Gentille constate que « les indicateurs aujourd'hui utilisés sont trop nombreux pour
focaliser l'action publique ».
Au vu de deux sondages menés dans le
cadre de cette mission, des indicateurs de qualité de service « portés
par l'opinion publique » ont été proposés au ministre de la Fonction publique, Eric
Woerth, qui a décidé de suivre les propositions du rapport. Au total, une
douzaine d'indicateurs devront être publiés « pour être transparents
vis-à-vis des Français ».
Pour éviter l'opposition des agents
du service public, il propose de les « impliquer » dans la
constitution des indicateurs, et de mettre en place notamment « un
intéressement collectif dans la
Fonction publique qui tienne compte d'indicateurs de qualité
de service ».
A noter : le rapport suit, en
cela aussi, le fil des idées du gouvernement puisqu'un protocole d'accord sur
l'intéressement est en instance dans la Fonction publique !
La liste complète des indicateurs
constituant le « baromètre » devrait être arrêtée d'ici l'été
2010. Un examen spécifique des résultats de ce baromètre serait organisé à
l'occasion du débat annuel sur la loi de règlement, ce qui permettrait
d' « associer pleinement le Parlement à leur suivi ».
Pour la FGF-FO, si les
fonctionnaires sont bien évidemment demandeurs de l'amélioration de la qualité
du service public, ils demandent à pouvoir remplir correctement leur mission de
service public. Ils sont conscients eux
aussi que malgré leurs efforts le service rendu se dégrade, que la situation
est de plus en plus tendue dans beaucoup de services ... pas besoin d'indicateurs
ou de « testing » pour le savoir !
Les raisons sont connues :
suppressions d'emplois (100 000 en 3 ans), suppressions et démantèlements
de services, restructurations, baisses de moyens de fonctionnement etc.
D'ailleurs, le dernier rapport du
médiateur de la République
précise que cette rationalisation à outrance des services publics augmente la
complexité du système administratif et aggrave les dysfonctionnements et les
incompréhensions.
Dès lors, comment peut-on parler de
faire plus et mieux :
- Avec moins d'agents, moins de
moyens ?
- Au moment où on remet en cause la Fonction publique, le
statut, les retraites ?
- Dans un contexte d'individualisation
de la gestion et de la rémunération ?
- Avec des salaires qui n'évoluent
pas ?
Avec une instabilité forte dans les
conditions d'emploi des agents ?
Les fonctionnaires et agents publics
souhaitent, eux aussi, l'amélioration de la satisfaction des usagers.
La FGF-FO
réclame l'arrêt de la RGPP,
et une pause dans les « réformes » ... la coupe est pleine !
Paris, le 5 mars 2010